Le musée du Quai Branly Jacques Chirac dévoile les secrets ayant présidé à l’acquisition d’une sélection de 77.000 œuvres et documents de l’institution, dans l’exposition “Vingt ans” qui fête ses deux décennies d’existence, du 24 septembre au 26 janvier.Des œuvres pluriellesUn improbable costume de mardi gras tout en plumes bleues, des chants traditionnels d’enfants ou d’adolescents enregistrés, des photos de 1895 de paysans chiliens branchés à un gramophone : le Musée du Quai Branly pénètre dans les cultures non occidentales déclinées sous toutes leurs formes d’expression.Les statues des “arts premiers”, pour lequel le Musée est réputé, ne sont pas les seules exposées. L’histoire des peuples est racontée aussi par les tissus, coiffes, calebasses, dessins et photos d’explorateurs et d’autochtones, enregistrements, récits de voyages et archives révélant les regards colonial et post-colonial… Jusqu’à l’art et la photo contemporains réinterprétant ces réalités.Une petite œuvre acquise récemment étonne particulièrement : “Le Christ bon pasteur et deux scènes de la vie de Saint Jean-Baptise dans un paysage”, réalisée avec des plumes de 14 espèces d’oiseaux par des artistes aztèques du XVIe siècle au Mexique, s’éclaire d’un bleu vert très lumineux quand on la regarde par en-dessous.

Masques etniques exposés parmi les 300 000 oeuvres que recèle le musée du Quai Branly à Paris. (LUDOVIC MARIN / AFP)

“Il s’est agi de faire un tri dans la multiplicité” et de sortir aussi de certaines omissions volontaires, souligne-t-il : ainsi la période coloniale a connu un “enfer” de trente ans et “on y redécouvre maintenant des choses très intéressantes”.L’exposition se veut pédagogique: “Certains croient que l’histoire de l’humanité s’inscrit entre Praxitèle et Jeff Koons et qu’entre les deux il n’y a rien”, s’amuse Stéphane Martin, président du musée.Un travail exceptionnel du musicologue Francis Corpataux, parti depuis 1990 à la recherche des chants d’enfants du monde et berceuses, est présenté, avec un condensé de 35 minutes de 2.600 chants enregistrés.Interrogé sur le sujet délicat des restitutions à l’Afrique, Yves Le Fur prône la circulation dynamique des œuvres entre musées: “Il faut développer avec l’Afrique la même chose qui existe avec la Chine, Singapour et la Corée”. “Il faudrait qu’il y ait des expositions de Titien en Afrique… Pourquoi ne projette-t-on pas cela ?””Vingt ans”, Musée du Quai Branly, du 24 septembre au 26 janvierClick Here: nrl shops

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