Après une campagne électorale assez folle, les électeurs se sont prononcés. Un nouveau rendez-vous avec l’Histoire, titrait le 13 octobre le grand quotidien francophone La Presse qui soulignait la déception du peuple, près de neuf ans après la révolution de 2011. Un peuple qui “attend, à de multiples niveaux, des correctifs majeurs”, selon le journal. franceinfo Afrique a fait une tournée des bureaux de vote à Tunis en ce jour de scrutin présidentiel. L’occasion d’une (très courte) immersion dans la société du pays.

Dans la cour d’un centre de vote installé dans le lycée du quartier Elnasr II, près de Tunis, le 13 octobre 2019. En règle générale, les femmes accomplissent leur devoir électoral plus tard dans la journée que les hommes… (FTV – Laurent Ribadeau Dumas)

Très heureux, un homme d’une trentaine d’années accomplit son devoir électoral. Et lance, le bout de son doigt couvert d’encre montrant qu’il a voté : “C’est là une bonne preuve que la démocratie existe en Tunisie !” Un peu plus loin, une vieille dame, toute de vert vêtue, quitte le bureau de vote, furieuse : “La politique, c’est la mafia. Moi, je vote Karoui. La personne, là-bas, elle m’a dit de mettre un bulletin pour Saïed. Je n’aime pas qu’on me dise pour qui voter !” Une saine râlerie… démocratique en quelque sorte.Seconde étape au centre de vote de l’école primaire Habib Thameur dans le centre d’Atriana, banlieue sociologiquement équilibrée du nord de Tunis. “Un gros centre qui regroupe 13 bureaux et 7401 électeurs”, explique son responsable. A 10h, dans le bureau n°6 (26-45 ans), 29 hommes et 18 femmes (sur 570 habitant inscrits) avaient voté. Dans le n°1 (plus de 45 ans), 72 hommes et 45 femmes s’étaient déplacés. “Le matin, les femmes font le ménage, préparent le déjeuner, s’occupent des enfants. Elles viennent donc voter plus tard”, note un assesseur. Des propos qu’on entendra dans d’autres centres de vote.Hymne tunisienEtape suivante, le lycée du quartier Ennasr II, toujours au nord de Tunis. Sept bureaux, 3980 électeurs. Même atmosphère bon enfant qu’ailleurs, malgré la présence des policiers et des militaires. Les lieux sont en apparence plus… politiques que dans d’autres écoles. Un drapeau tunisien est planté dans la cour, à côté d’une estrade. “C’est là que tous les matins, on chante l’hymne tunisien“, explique un électeur. Des paroles de l’hymne sont gravées sur le mur au-dessus. Tandis qu’à droite figure une peinture représentant Mohamed Al-Dura, enfant palestinien mort en septembre 2000. “C’est le symbole du père qui protège son fils”, commente notre électeur.Kaïs Saïeb “a un grand bagage, il est strict” La tournée des bureaux prend une tournure très politique. Un chauffeur de taxi s’épanche, lui aussi. On comprend vite qu’il a voté pour Kaïs Saïeb. “Lui, il a un grand bagage. Il est strict (il est droit et honnête, NDLR), il n’est pas comme les autres“, dit-il. Par la suite, notre homme évoque la cherté du coût de la vie. “Sous Ben Ali, c’était le paradis, si l’on compare avec la situation d’aujourd’hui”, poursuit-il alors qu’il conduit son véhicule à travers la cité Ettadhamen, quartier populaire au nord-ouest de Tunis. “Regardez comme c’est pauvre ici. Tous les jeunes sont au café : ils n’ont pas de travail.” Dans l’un des centres de vote locaux, on fait les mêmes constatations qu’à Tunis : les femmes ont moins voté que les hommes en cette fin de matinée. Et l’on attend les jeunes à partir de 13h. Pour l’instant, il est donc encore trop tôt pour dégager une première tendance pour la participation dans ce quartier populaire. “Ici, il n’y a pas beaucoup de différence avec les bureaux des autres quartiers. Les gens connaissent peut-être un peu moins les démarches pour voter”, explique un assesseur. De son côté, le représentant d’une ONG souligne que “jusque-là, le scrutin s’est bien passé”.

Dans un bureau de vote à Etta(hamen (banlieue de Tunis), lors du 2n tour de la présidentielle le 13 octobre 2019, un électeur montre le bout de son doigt couvert d’encre : la preuve qu’il a accompli son devoir électoral. (AFP – Laurent Ribadeau Dumas)

D’abord, affirment-ils, “comme depuis la révolution de 2011, rien n’a changé, les jeunes ont pris la décision de voter. Ils s’intéressent à la présidentielle. Même s’ils font parfois des confusions avec les législatives”. Et de poursuivre : “Les riches, eux, ils ne souhaitent pas de changement puisqu’ils n’ont pas de problème. Mais dans les quartiers populaires, les gens veulent marquer d’une croix rouge ceux qui nous gouvernent. Ils veulent une autre révolution, car l’état social du pays est critique. Dans les campagnes, loin des villes, on vit dans la misère. Les gens veulent du nouveau, ils espèrent qu’il y aura du changement. Ils ont toujours l’espoir que quelqu’un pourra réaliser leurs objectifs.”Click Here: Maori All Blacks Store

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