Faut-il se faire vacciner contre la grippe ? Face à la méfiance d’un grand nombre de Français et certains personnels soignants vis à vis de la vaccination, les spécialistes invitent la population à renforcer les mesures d’hygiène l’hiver prochain et se responsabiliser de manière collective en évitant le contact avec les personnes les plus fragiles. Les explications du professeur Bruno Lina, chef de service du laboratoire de virologie des Hospices civils de Lyon et directeur de recherche INSERM sur le virus Influenza au Centre international de recherche en infectiologie à Lyon.

La campagne de vaccination contre la grippe mettra cette année l'accent sur la responsabilité individuelle et collective pour limiter le risque de contamination.

Sommaire

  1. Eviter la surmortalité de 2016
  2. Eviter le contact avec les personnes grippées

Eviter la surmortalité de 2016Lors de l’épidémie de grippe de l’hiver 2016-2017, le faible taux de vaccination contre la grippe du personnel soignant en France (46%), en particulier dans les services d’urgence et dans certaines maisons de retraite, avait fait polémique, en raison du risque qu’ils transmettent le virus de la grippe à des personnes âgées ou gravement malades, plus susceptibles de développer une forme grave de la maladie voire d’en mourir.Chaque hiver, la grippe saisonnière – qui est due à un virus très contagieux -, touche entre 3 et 6 millions de personnes. Elle débute généralement en novembre ou décembre pour se terminer au début du printemps.Face au vieillissement des populations, les autorités sanitaires et les spécialistes s’inquiètent d’une forte augmentation de l’épidémie chez les personnes âgées, qui a contribué à une surmortalité de 21.000 décès l’an passé, soulignant la nécessité d’optimiser la couverture vaccinale dans cette population.La couverture vaccinale des personnes à risque (atteintes de certaines pathologies chroniques et/ou âgées de 65 ans ou plus) avait été estimée à 46% l’hiver dernier.La campagne de vaccination contre la grippe qui sera lancée début octobre, mettra cette année l’accent sur la responsabilité individuelle et collective pour limiter le risque de contamination, explique le professeur Bruno Lina, chef de service du laboratoire de virologie des Hospices civils de Lyon et directeur de recherche INSERM sur le virus Influenza au Centre international de recherche en infectiologie à Lyon.”Si il y a eu autant de cas et de nombre de décès liés au virus de la grippe l’hiver dernier, c’est que les précautions prises par les personnes fragiles vis-à-vis du risque n’ont pas été suffisamment prises“, déplore Bruno Lina. “Il faut combiner la vaccination et les comportements qui visent à réduire le risque de contamination comme les mesures d’hygiène, la logique d’évitement du virus“. Eviter le contact avec les personnes grippéesConcrètement, il est conseillé d’éviter le contact avec les personnes grippées, “ne pas exposer les personnes non vaccinées les plus fragiles au virus (femmes enceintes, personnes âgées ou ayant une pathologie chronique) en leur faisant garder un enfant malade par exemple ou en allant leur rendre visite en maison de retraite”, recommande Bruno Lina.

Pour réduire le risque de contamination dans le cercle familial, on évite que les enfants grippés partagent la table des grands parents y compris pendant les repas de fêtes de fin d’année ou de préparer les repas quand on se sent malades. Enfin, “chacun doit se laver les mains très régulièrement avec un gel hydroalcoolique“.Dans un climat de méfiance vis-à-vis des vaccins, le spécialiste qui interviendra en octobre depuis les Entretiens de Bichat, événement médical qui réunit chaque année des milliers de professionnels de santé, toutes spécialités confondues, tente de rassurer la population : “Le vaccin contre la grippe, qui est le plus étudié à ce jour, présente une sécurité sanitaire excellente et permet de réduire la mortalité“.Concernant les femmes enceintes, les spécialistes conseillent aux femmes qui accouchent entre début décembre et fin mars de se faire vacciner contre la grippe. “Non seulement, elles se protègent elles-mêmes, mais elles protègent aussi leur bébé pendant les premières semaines et les premiers mois grâce à la transmission des anticorps“, souligne Bruno Lina. Enfin, dans un contexte hospitalier et dans les EHPAD, la vaccination pourrait devenir obligatoire pour les personnels soignants encore très prudents vis-à-vis de la vaccination, avait déclaré la ministre de la santé Agnès Buzyn en juillet dernier. “Lorsque le personnel est vacciné, le risque de grippe nosocomiale est réduit de manière significative“, conclut Bruno Lina qui suggère le port de masques par les personnes malades au sein de ces structures.

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