Les tests de détection rapides sont essentiels pour lutter contre les infections résistantes aux antibiotiques, à l’origine de plus de 12 000 décès par an, affirment des spécialistes dans un document publié le 16 novembre. Le lendemain,la ministre de la Santé annonce la mise en place d’une feuille de route interministérielle pour lutter contre l’antibiorésistance.

L'utilisation des tests rapides sont très utiles pour limiter l'antibiorésistance.

Une situation inquiétantePhénomène mondial, la

résistance aux antibiotiques a des conséquences lourdes au niveau humain et économique. Si les

antibiotiques ont permis de faire reculer la mortalité par

maladies infectieuses  bactériennes, leur utilisation massive et répétée ou inappropriée en santé humaine et animale a provoqué l’émergence de bactéries résistantes à un ou plusieurs antibiotiques. Plus inquiétant encore, alors que le nombre de bactéries multirésistantes ne cesse de croître, il y a actuellement une absence de développement de nouveaux antibiotiques, précisent les auteurs du Livre Blanc “Les tests rapides, outils essentiels de la lutte contre l’antibiorésistance”.Les tests rapides, utiles mais peu utilisésEn France, l’antibiorésistance est également en progression. Pour les auteurs, les stratégies de lutte contre cette situation préoccupante a pour but de préserver l’efficacité des antibiotiques et d’éviter les impasses thérapeutiques. Les solutions de diagnostic rapide, fiables et performantes font partie de moyens disponibles aujourd’hui pour distinguer précocement les infections bactériennes des infections virales, pour identifier les patients sains porteurs de bactéries pathogènes et pour identifier rapidement le germe à l’origine de l’infection et sa sensibilité aux antibiotiques. Autrement dit, les

tests rapides permettent d’éviter l’emploi erroné des antibiotiques. Or, soulignent les auteurs du Livre Blanc, ces tests sont peu utilisés à l’heure actuelle.Aussi, les auteurs de ce “livre blanc” préconisent une utilisation plus large de ces tests, dont certains existent depuis plus de dix ans, pour aider au bon usage des antibiotiques.Pour une utilisation plus large en ville et en établissements de santéLes tests rapides permettent par exemple d’éviter l’ordonnance d’antibiotiques en médecine de ville pour une angine virale (résultat en moins de 15 minutes pour 20 euros).  Dans les établissements de soins et laboratoires de ville, ils peuvent servir à dépister un porteur de bactérie problématique ou identifier le germe infectieux (résultats en moins de 3 heures pour 30 à 150 euros) et éviter leur propagation.

Les angines (9 millions de cas annuels en France) sont très souvent virales. Dans ce cas elles ne nécessitent pas de traitement antibiotique, contrairement aux angines bactériennes dues au streptocoque A (moins de 2 millions de cas). Les tests rapides permettent de diagnostiquer ces angines bactériennes. Mais, malgré plusieurs années de campagnes, ils restent très peu utilisés, déplorent les auteurs.Dix propositions concrètes articulées en 3 axesLes auteurs recommandent l’amélioration de l’information des professionnels de santé et du grand public sur ces “outils performants d’aide à la décision thérapeutique”. Une meilleure prise en charge par l’Assurance maladie pour en faciliter la diffusion est également préconisée.Concrètement, les auteurs préconisent 10 propositions articulées autour de 3 axes :- Renforcer la connaissance des professionnels de santé et du grand public sur l’apport des tests rapides dans la lutte contre l’antibiorésistance.- Faciliter l’utilisation des tests rapides en pratique quotidienne par des recommandations incitatives, des mécanismes de prise en charge adaptés et des solutions organisationnelles.- Faciliter les efforts d’innovation permettant la mise au point des tests de demain.L’antibiorésistance en chiffresChaque année, 158 000 infections dues à des bactéries multirésistantes (BMR), dont 16 000 infections graves (méningites, septicémies…), surviennent en France, note ce document rappelant que 12 500 décès annuels sont liés à ces infections, selon une estimation de 2012.En France, le surcoût de dépenses liées à l’antibiothérapie en ville est évalué entre 71 millions d’euros (par rapport à la moyenne européenne) et 441 millions d’euros (par rapport à la moyenne des pays les plus vertueux), lit-on encore dans ce Livre Blanc.Ce document émane d’un comité éditorial réunissant les docteurs Aymeric Cantais (pédiatre, CHU de Saint-Étienne), Roland Cash (économiste de la santé, Cabinet Les Asclépiades), Brigitte Lamy (bactériologiste, CHU de Nice), Guillaume Richalet (infectiologie, clinique des Cèdres, Grenoble) et du Pr Claire Poyart, chef de service de bactériologie (hôpital Cochin, Paris). Leur travail a reçu le soutien du laboratoire Becton Dickinson France.Une feuille de route du gouvernementL’antibiorésistance inquiète également les pouvoirs publics. Dans un communiqué du 17 novembre, la ministre de la Santé annonce la mise en place d’une feuille de route interministérielle pour lutter contre la résistance aux antibiotiques. En résumé, cette feuille de route comporte 13 mesures et une stratégie que Marisol Touraine résume en 4 axes :- Mieux sensibiliser le public.- Mieux utiliser les antibiotiques.- Davantage soutenir la recherche et l’innovation.- Renforcer la surveillance.

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