Selon une étude suisse, les déodorants aux sels d’aluminium auraient un impact direct sur la survenue de cancers du sein. Ces résultats apportent de nouveaux éléments à charge contre ces produits suspectés depuis plusieurs années d’être cancérogènes. Ils ne permettent cependant pas de trancher, ni de remettre en cause la totalité des travaux précédemment conduits sur le sujet.

Plus de 50 000 nouveaux cas de cancers du sein sont diagnostiqués en France chaque année.

Les sels d’aluminium se retrouvent dans les déodorants anti-transpirants, mais aussi dans les médicaments anti-acidité, dans des additifs alimentaires et dans des vaccins.Le chlorure d’aluminium lié à la survenue d’un cancer du sein ?L’équipe de recherche menée par le Pr André-Pascal Sappino et le Dr Stefano Mandriota a étudié l’effet d’une exposition sur le long terme à une dose de sels d’aluminium (chlorure d’aluminium ou AlCl3) telle que celle retrouvée dans la poitrine de personnes utilisant des

déodorants anti-transpirants.Pour cela, ils ont injecté in vitro des doses de chlorure d’aluminium dans des cellules épithéliales de glande mammaire de souris. ces cellules ont ensuite été injectées à trois types de modèle de souris, avec un

système immunitaire fortement déficient, faiblement déficient et normal. Pour comparaison, des injections de cellules non exposées à l’aluminium ont également été réalisées. Résultat : l’injection de cellules mammaires non exposées à l’aluminium n’a provoqué de cancer et de métastases que chez les souris présentant un fort déficit du système immunitaire et avec une extension limitée. A l’inverse, l’injection de cellules mammaires préalablement exposées à l’aluminium a entraîné des cancers et des métastases sur les trois lignées de souris.Pour les auteurs, “Ces effets attestent de l’activité mutagène du chlorure l’aluminium (…)Nos résultats démontrent pour la première fois que des concentrations d’aluminium de l’ordre de celles mesurées dans la poitrine d’êtres humains transforment entièrement les cellules épithéliales mammaires en culture, permettant ainsi la formation de tumeurs et de métastases”.Des résultats qui restent discutablesPour les auteurs, il n’y pas de doute : les sels d’aluminium doivent être considérés comme des facteurs de risques environnementaux de cancers du sein. Le Pr Sappino n’hésite pas à faire un parallèle entre les sels d’aluminium et l’amiante, qui est restée 50 ans sur le marché alors que ses méfaits étaient connus. Néanmoins, le bon sens amène à s’interroger face à une telle conviction. Outre une méthodologie complexe (cellules modifiées puis injectées dans des souris immunodéficientes), on peut se demander pourquoi l’utilisation des antitranspirants n’a pas conduit à une flambée des cancers du sein chez l’homme, qui en utilise également (le nombre de cas augmente certes mais reste très très limité). De plus, l’utilisation concernant les deux aisselles, on peut s’interroger sur le fait qu’un seul sein soit touché par le cancer et non les deux. Les plus suspicieux pourront également noter le timing de publication de cette étude, juste avant le mois d’octobre dédié au cancer du sein…Pas la première étude sur le sujetPremièrement, il s’agit d’une étude conduite sur des modèles de souris. La transposition de ces résultats à la biologie humaine reste donc sujet à caution. Deuxièmement, d’autres travaux visant à faire la synthèse des études conduites sur le sujet ont été réalisés par les autorités sanitaires en France (par l’Afssaps, ancien nom de l’Agence nationale de sécurité du médicament) ou aux Etats-Unis (par la Food and Drug Administration). En novembre 2011, l’Afssaps publiait ainsi

un rapport de synthèse après avoir été saisie par la Direction générale de la santé, dont la conclusion était que “L’analyse des données épidémiologiques et des études chez l’animal n’a pas pu mettre en évidence de lien entre cancer et exposition à l’aluminium par voie cutanée“. Il recommandait néanmoins que “proposer une restriction de la concentration en aluminium à 0,6 % dans les produits antitranspirants ou déodorants” et de “ne pas utiliser d’antitranspirants contenant de l’aluminium sur peau lésée (comme par exemple après le rasage ou des micro-coupures)”. Outre-Atlantique, les chercheurs du

National Cancer Institute, jugent qu’aucune preuve concluante liant l’utilisation d’antitranspirants ou désodorisants et le développement ultérieur de cancer du sein n’a pu être apportée. La Food and Drug Administration n’a pas non plus retenu de preuves ou de données de recherche liant les ingrédients antitranspirants ou désodorisants avec le développement d’un cancer.
 Face à ces résultats contradictoires, il est difficile d’y voir clair. Les plus prudentes appliqueront sans doute le principe de précaution en choisissant des antitranspirants sans sels d’aluminium ou tandis que les adeptes de la

beauté naturelle feront elles-mêmes leur déo.

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