“Diminue l’appétit“, “renforce la densité osseuse“, “augmente la mémoire“… Autant d’allégations santé discutables, voire mensongères, qui ne fleuriront bientôt plus sur les étiquettes des aliments commercialisés en Europe. En effet, depuis 2008 l’Union Européenne a examiné 2 758 allégations santé : seules 510, soit 1 sur 5, étaient scientifiquement justifiées !

4 637 allégations soumises à l’EFSA
L’EFSA (agence européenne pour la sécurité des aliments) a reçu plus de 4 600 allégations à examiner entre juillet 2008 et mars 2010. Cependant, 331 ont été retirées “spontanément“ par les fabricants, tandis que 1 548 concernaient des produits à base de plantes et seront examinées ultérieurement.
Entre 2009 et 2011, les experts de l’EFSA ont donc évalué si les 2 758 affirmations publicitaires restantes “reposaient sur des bases scientifiques solides“. Selon le Pr. Albert Flynn, président du groupe scientifique de l’EFSA, cette évaluation s’est faite “de façon systématique et objective, en appliquant les normes scientifiques les plus élevées“.
Des produits supposés actifs sur le poids, le cœur, les vaisseaux, etc.
Les affirmations publicitaires examinées portaient sur :
– des vitamines et des minéraux,
– des fibres nutritionnelles spécifiques en relation avec le contrôle du glucose dans le sang, le cholestérol sanguin ou encore le contrôle du poids,
– les cultures vivantes de yaourts et la digestion du lactose,
– les effets antioxydants des polyphénols dans l’huile d’olive,
– les noix en relation avec l’amélioration du fonctionnement des vaisseaux sanguins,
– les substituts de repas et le contrôle du poids,
– les acides gras et les fonctions du cœur,
– le rôle d’une série de substituts du sucre (tels que le xylitol et le sorbitol) dans le maintien de la minéralisation des dents ou la diminution des taux de glucose dans le sang après les repas,
– les boissons contenant des hydrates de carbone/électrolytes et la créatine en relation avec les performances sportives.
80 % des allégations rejetées par les experts

Les promesses des étiquettes ne correspondaient pas, la plupart du temps, à une réalité scientifique. Par exemple, lorsqu’un produit affirme “renforce l’immunité“, des études doivent avoir été réalisées pour démontrer que les consommateurs réguliers présentent moins d’infections que les non-consommateurs. Idem pour la densité osseuse, le poids, le taux de cholestérol, etc. Or ces études sont souvent manquantes, ou réalisées dans de mauvaises conditions, sur un trop petit nombre de personnes, etc., d’où le rejet des allégations santé par les experts européens.
Autre motif de rejet : le manque d’informations permettant d’identifier la substance sur laquelle repose l’allégation (par exemple, allégations sur les “probiotiques“ ou sur “une fibre nutritionnelle“ sans spécification de la bactérie concernée ou de la fibre particulière).
L’imprécision des affirmations -énergie, vitalité, élimination de l’eau, énergie mentale…- a également été pointée par les experts, ainsi que les allégations faisant référence à des catégories alimentaires considérées comme trop vastes pour être liées à des effets spécifiques (allégations telles que “fruits et légumes“ ou “produits laitiers“).
Il reste tout de même 1 produit sur 5 dont les bénéfices allégués correspondent à une vérité scientifique et à de réels bienfaits pour la santé.

Vers un nouveau règlement européen
Ces avis de l’EFSA sont pour le moment seulement indicatifs, les fabricants ne sont donc pas contraints de retirer immédiatement les étiquettes et publicités incorrectes. Cependant, ce travail devrait déboucher sur un nouveau règlement européen qui contraindra alors, en 2012 ou 2013, les fabricants à retirer les affirmations santé non étayées.
Les médicaments et les compléments alimentaires sont déjà soumis à de telles contraintes (vérification de l’efficacité et de la publicité). Quant aux dispositifs médicaux, ce devrait être chose faite en France après l’adoption de la

réforme du médicament présentée récemment par Xavier Bertrand. Une telle mesure appliquée aux “aliments-santé“ serait donc la bienvenue, tant les affirmations les plus fantaisistes se multiplient actuellement dans les rayons des supermarchés, les magasins et les publicités, ce qui désoriente, trouble, voire induit en erreur les consommateurs européens.
Jean-Philippe Rivière
Source : “L’EFSA termine l’évaluation des allégations de santé fonctionnelles génériques“, communiqué de presse de l’EFSA, 28 juillet 2011,

accessible en ligne
Photos (illustration) :
– Couple au rayon laitages d’un supermarché, 2005, © DURAND FLORENCE/SIPA
– 2 personnes portant des paniers de courses, 2005, © DURAND FLORENCE/SIPAClick Here: cheap sydney roosters jersey

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