Fin juin, des chercheurs du Weill Cornell Medical College ont développé et testé avec succès sur la souris un nouveau type de vaccin contre la dépendance à la nicotine. Ce vaccin fait produire aux cellules du foie de l’animal des anticorps qui “engloutissent“ la nicotine dès l’instant où elle pénètre dans le sang, prévenant ainsi la substance d’atteindre le cerveau et même le coeur.

Des chercheurs américains ont mis au point un vaccin anti-nicotine efficace chez la souris

Un nouveau type de vaccin contre la nicotineOn distingue classiquement deux types de vaccins.

  • L’un est un vaccin actif, comme ceux utilisés pour protéger les humains contre la poliomyélite ou les oreillons. Ce type de vaccin présente un peu de la substance étrangère (un morceau de virus, par exemple) pour que le système immunitaire active une réponse immunitaire contre l’intrus. Mais à cause de sa petite taille, la nicotine n’est pas reconnue par le système immunitaire et ne peut pas être intégrée dans un vaccin actif.
  • Le deuxième type de vaccin est un vaccin passif, qui délivre des anticorps déjà prêts pour provoquer une réponse immunitaire. Par exemple, les anticorps monoclonaux qui se lient à des protéines à la surface des cellules cancéreuses pour bloquer leur activité. Mais l’injection de tels anticorps a le désavantage d’avoir une durée d’action très courte, ce qui implique donc des injections régulières très coûteuses et dont l’efficacité reste très variable d’un individu à l’autre.

L’équipe américaine a développé un nouveau troisième type – un vaccin génétique – qu’ils ont d’abord testé sur des souris pour traiter certaines maladies oculaires et certains types de tumeurs. Pour ce vaccin anti-nicotine, ils ont pris la séquence génétique d’un anticorps ciblant la nicotine, créé par le Dr Jim Janda D. de l’Institut de recherche Scripps et l’ont mis dans un adénovirus (AAV), un virus conçu pour ne pas être nocif. Ils ont manipuler ce vecteur pour qu’il soit dirigé vers les cellules du foie (hépatocytes). Résultat : la séquence génétique s’insère dans le noyau des hépatocytes, qui produisent alors un flux régulier d’anticorps anti-nicotine, en plus des autres molécules qu’ils produisent normalement. “A notre connaissance, la meilleure façon de traiter l’addiction chronique à la nicotine est d’avoir ces patrouilles d’anticorps qui comme des Pacman vont nettoyer le sang avant que la nicotine puisse avoir un effet biologique“ dit le chercheur principal de l’étude, le Dr Ronald G. Crystal, auteur de l’étude.Une efficacité démontrée chez la sourisDans les études conduites chez la souris, une seule injection du vaccin a permis de produire des niveaux élevés constants d’anticorps mesurés dans le sang. Ils ont également découvert que peu de nicotine administrée à ces souris atteignait le cerveau (seulement 15 % de la dose retrouvée chez les animaux non immunisés). Les chercheurs ont testé la motricité des souris, traités à la fois par le vaccin et auxquelles était administrée de la nicotine. Les rongeurs immunisés étaient aussi actifs qu’avant l’administration du vaccin. A l’inverse, les souris non vaccinées qui ont reçu de la nicotine ont connu une certaine apathie, leur pression artérielle et leur activité cardiaque s’abaissant, des signes qui traduisent que la nicotine a atteint le cerveau et le système cardiovasculaire.Les chercheurs se préparent à tester le vaccin contre la nicotine chez d’autres rongeurs puis chez des primates – autant d’étapes nécessaires avant qu’il puisse être testé chez l’homme. “Bien que nous n’ayons testé ce vaccin que chez la souris, nous avons bon espoir que ce type de stratégie vaccinale puisse réellement aider les millions de personnes qui ont essayé d’

arrêter de fumer sans succès, leur dépendance à la nicotine étant trop forte“ dit-il. Des études montrent qu’entre 70 et 80 % des fumeurs qui tentent d’arrêter la cigarette fument de nouveau dans les six mois.A qui destiner ce vaccin anti-nicotine ?Selon le Dr Crystal, si ce vaccin se révèle efficace chez l’homme, il pourrait être particulièrement utile pour les fumeurs qui veulent arrêter. “Ils sauront que s’ils recommencent à fumer, ils n’éprouveront pas de plaisir à cause du vaccin, et cela pourrait les aider à réellement arrêter la cigarette“, dit-il.Il évoque même une possible utilisation “plus polémique“ de son remède. Selon lui, une fois la sécurité du vaccin bien établie, il pourrait être utilisé pour prévenir la dépendance à la nicotine chez les personnes qui n’ont jamais fumé. “Tout comme les parents décident de vacciner leurs enfants avec un

vaccin contre le papillomavirus (NDLR : en vue de prévenir le

cancer du col de l’utérus), ils pourraient décider de recourir à un vaccin contre la nicotine. Mais ce n’est qu’une théorie, une option à ce stade. Nous devrons bien sûr évaluer préalablement la balance bénéfices/risques d’une telle pratique, et il faudra des années d’études pour l’établir précisément“. Une hypothèse qui fait néanmoins peu de cas du libre arbitre… Qu’en pensez-vous ? Feriez-vous vacciner votre enfant contre la nicotine ?David BêmeSource : AAV-Directed Persistent Expression of a Gene Encoding Anti-Nicotine Antibody for Smoking Cessation. – Hicks MJ et al. – Sci Transl Med. 2012 Jun 27;4(140):140ra87. (

abstract accessible en ligne)Click Here: Maori All Blacks Store

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