Les récents incidents dans les hôpitaux ont inquiété les Français et relancé la polémique sur les dysfonctionnements hospitaliers. L’hôpital est-il vraiment en crise ? De quoi souffre l’hôpital public ? Que proposent les acteurs de santé ? Focus sur la réalité de l’hôpital.

Le 9 janvier lors de ses voeux 2009 aux personnels de santé, le président Nicolas Sarkozy a exclu de mobiliser des moyens supplémentaires pour accompagner la réforme de l’hôpital. “L’argent, il a été mis. Mais est-ce qu’il est parfaitement utilisé ?“ a-t-il déclaré à l’Hôpital civil de Strasbourg, alors que des manifestants réclamaient, dehors, davantage de personnels. Crise financière ? Manque d’organisation ? Si la plupart des acteurs reconnaissent qu’il y a des problèmes, les avis divergent sur les solutions.
Hôpital en crise : ce qui a relancé la polémique
Quelques semaines émaillées d’incidents graves à l’hôpital ont suffi pour éveiller la méfiance des Français envers leur système de soins. Cela a commencé par la mort du petit Ilyès, 3 ans, suite à une erreur humaine de perfusion à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, le mercredi 24 décembre. Puis, le 27 décembre, un patient de 57 ans est décédé après la recherche par le SAMU pendant 6 heures d’un lit en réanimation à Massy. Le 2 janvier, un nourrisson est décédé à l’hôpital Necker à Paris, probablement suite à une erreur de débit d’une perfusion intervenue à l’hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion, dans les Yvelines. Le 5 janvier, l’Union des Familles Laïques de Moselle (UFAL) a déposé plainte aux côtés de la famille pour non assistance à personne en danger et délaissement de personne vulnérable, après la mort d’une femme de 82 ans. Pour son fils, sa mère a passé plusieurs heures aux urgences sans avoir été vue par un médecin. Ces récents drames ont relancé la polémique sur les dysfonctionnements de l’hôpital. “Sommes-nous toujours bien soignés ?“, “l’hôpital est-il en crise ?“ se demandent les Français.
La réalité des hôpitaux
Une grave crise financière touche l’hôpital public, c’est un fait. Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, une expansion des dépenses liée au vieillissement de la population et aux progrès de la médecine, et ensuite, les restrictions budgétaires imposées à l’hôpital public. Le passage aux 35 heures a aussi désorganisé les hôpitaux. Pour le collectif Sauver l’hôpital public, “l’hôpital public a subi plusieurs attaques : pénurie de personnel médical conséquence d’un numerus clausus trop restrictif poursuivi pendant deux décennies, manque d’infirmières aggravé par les conditions d’application de la loi des 35 heures aux hôpitaux, sous financement délibéré par la tarification dite à l’activité (T2A) sous évaluant lourdement les activités de l’hôpital public, limitation abusive de l’enveloppe budgétaire nationale“.
Pour autant, on ne peut pas dire que la qualité du système de soins à l’hôpital a baissé. Dans un sondage réalisé en décembre 2008, près de 8 Français sur 10 se déclaraient satisfaits des systèmes d’urgence dits de proximité (services d’urgence à l’hôpital, SAMU…).
Mais d’aucuns prévoient un scénario catastrophe si les restrictions budgétaires continuent. Mireille la Corre, secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de la santé écrit ainsi sur son site : “Par sa politique de restriction des moyens, le gouvernement prend le risque de mettre en péril l’hôpital public“.
Des remèdes pour l’hôpital ?
Là encore, tous les professionnels de santé et les politiques ne sont pas d’accord. Pour les uns, l’hôpital public manque cruellement de moyens. Patrick Pelloux, médecin urgentiste et président du syndicat Amuf (Association des Médecins Urgentistes de France) dénonce régulièrement le manque de place et de moyens dans les hôpitaux publics.
A contrario, le Pr. Phillipe Juvin, chef du service des urgences à l’hôpital Beaujon et Secrétaire National de l’UMP, estime que l’hôpital souffre non pas d’un manque de moyens financiers mais d’une mauvaise organisation. Selon la ministre de la Santé, la réforme de l’hôpital qui sera présentée en janvier au Parlement permettra une meilleure régulation par “un pilotage régional unifié“ aux mains des futures Agences régionales de Santé (ARS).
En l’an 2000, la France était placée en première place en matière d’efficacité du système de santé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les réformes entreprises suffiront-elles à lui permettre de se maintenir à cette place ?…
Anne-Sophie Glover-BondeauSource : sondage Ipsos Santé et HAS, réalisé en décembre 2008 auprès de 1007 Français.Click Here: cheap INTERNATIONAL jersey

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